15 octobre 2009
Cachez-moi ce mur que je ne saurais voir
La place Gambetta est le coeur névralgique d'Amiens. C'est là qu'on se donne rendez-vous, qu'on va boire un verre en sortant du travail, qu'on regarde la France de Zidane qui fiche des coups de tête sur écran géant, qu'on achète sa gauffre parsemée de sucre glacé chez "la dame dans sa mini camionette", qu'on s'assied sur l'herbe en été pour avaler son sandwich.
Mais la place Gambetta, c'est aussi un mur !
Cet horrible mur bancal flanqué en son centre, qui sert visuellement de support à panneau d'affichage, et acoustiquement de barrière anti-bruit pour protéger les riverains du bruit de "l'autoroute des Jacobains".... qui passe à proximité. Voilà la réponse que m'avait faite une guide conferencière lors d'une promenade urbaine il y a deux ans.
Je veux bien concevoir que les voitures qui passent rue des Jacobins fassent quelque bruit, mais... des bruits de voiture en ville, ni plus ni moins, et plutôt moins que plus d'ailleurs car le feu y est souvent au rouge et que la distance de la rue à la place est suffisemment importante.
Ce mur, je l'exècre. Il sert aussi de point d'amarrage à cabine téléphonique, de support à "évasion créative de tagueur-en-mal-être-désireux-d'exprimer-publiquement-son-désarroi", de garage à barrières non utilisées, et parfois de paravent à Gothiques-de-noir-vêtus (pléonasme, je vous le concède).
Notre place Gambetta gagnerait tant à se défaire de ce mur.
Et si vous nous l'enleviez Monsieur le Maire ?
Ich bin ein Amiener !
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14 octobre 2009
La place René-Gobelet sera sans voiture à partir du 1er janvier 2010
C'est hier midi en conférence de presse que l'adjoint au Maire en charge des Transports a présenté le nouveau tracé des bus en centre-ville.
Première nouvelle, les voitures ne seront pas totalement exclues du centre-ville alors qu'il s'agit clairement du message qui est distillé par la majorité à longueur de discours. L'APAV a réussi à se faire entendre et à faire fléchir une municipalité qui montre une fois de plus sa versatilité. Et pour le coup, c'est tant mieux car j'étais absolument contre l'exclusion totale des voitures du centre-ville.
Deuxième nouvelle : les voitures ne pourront plus passer place René-Gobelet. L'étroit passage sera exclusivement réservé aux bus qui y cohabiteront avec les piétons. Comme au bon vieux temps des tramways.
Cette annonce me déplait fortement. Tout vélocipédiste que je suis aussi.
Individuellement et égoïstement d'abord car je l'emprune très souvent en voiture.
Théoriquement ensuite car cette possibilité qui était donnée aux voitures de franchir l'axe piétonnier ne causait qu'un léger ralentissement pour les voitures qui faisaient le choix de passer par là. Mais en aucun cas ce passage de voitures genait les piétons car ils avaient la priorité et n'avaient jamais à s'arrêter.
Ce changement va avoir au moins 3 conséquences qui n'avaient pas lieu d'apparaître :
1. L'obligation de contourner Amiens pour aller du sud au nord. Et aux heures de pointe, emprunter la place de la gare est un vrai plaisir...
2. L'impossibilité d'accéder au parking sous-terrain 3 Cailloux en venant du sud. Il faudra contourner la ville et replonger vers le centre. Illogique au possible.
3. Si vous voulez vous rendre vers la cathédrale en venant de la sortie sud de l'autoroute, il était si simple en passant par la place René Gobelet d'y accéder. Dès le 1er janvier, il faudra passer par la gare, descendre vers le quai Bélu, remonter vers le Sacré Coeur... un vrai chemin de croix. Amen.
Pourquoi changer ce qui fonctionne ?
Voilà une question que je ne cesse de me poser depuis un peu plus d'un an.
Allez courage, serrons les dents encore trois ans.
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11 octobre 2009
Amiens, un amiénois ; Picardie, un picard ; Somme, un ????
Voilà une question qui me turlupine.
Pourquoi diantre, comme un chouan, ne puis-je pas dire que je suis Vendéen en parlant de mon département ?
Je ne suis en effet ni Sommien, ni Sommassien, ni Sommalien, ni même une Sommité.
Voilà une étrangeté de la langue française. Heureux les Isariens (Oise), les Morbihannais (56), les Icaunais (Yonne), les Belfortains, les Séquanodionysiens (Seine-Saint-Denis) et autres Manchois et Héraultais.
Mais nous !
Rien, nada, le vide astral.
La Somme mériterait bien un substantif pour ses heureux habitants. Je propose à nos amis de l'Aisne de nous rejoindre dans notre quête d'identité, et comme je ne suis pas xénophobe, j'accepte les adhésions des malheureux résidents de l'Eure (les Eureux ?), de l'Indre, d'Ille-et-Villaine et de vous tous qui vous morfondez dans votre néant nominatif départemental.
Advienne que pourra ! J'attends vos propositions de substantif pour nous nommer dans la Somme.
Faites travailler vos méninges afin que je sollicite audience auprès du Conseil Général.
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09 octobre 2009
Décadence publicitaire
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06 octobre 2009
Un petit air de Maigret à Amiens
J'ai été entendu hier par la police. Je n'ai ni volé, ni transgressé quelque loi, si ce n'est celle d'être parfois impertinent dans ce blog.
J'ai simplement été témoin d'une affaire assez importante en juin (sur laquelle je reviendrai quand elle sera jugée et que la réserve à laquelle je dois m'astreindre sera obsolète).
Un capitaine de police m'a appelé la semaine dernière et m'a demandé si je pouvais venir à l'hôtel de police pour une audition. J'ai accepté avec plaisir (et surtout curiosité) et le rendez-vous fut fixé à hier.
La dernière fois que j'étais allé au commissariat remonte à belle lurette après m'être fait voler mon vélo (paix a son âme). Je m'étais contenté de la salle des plaintes près de l'accueil et d'un bleu qui enchainait les plaintes et en avait visiblement raz le képi de la succession des plaignants dans le bureau des pleurs.
Hier, j'ai été reçu par le capitaine qui m'a proposé le le suivre au 2ème étage. Avant d'arriver à son bureau, je suis passé dans différents couloirs, et je me suis soudain retrouvé plongé dans un bon vieux Maigret. Les murs jaunis, les chaises années 60 posées ça et là, des piles et des piles de vieux dossiers enrubannés dans des classeurs en toile, des lumières blafardes, des armoires en fer gris, et un traducteur qui répetait en français ce qu'un maghrébin racontait à un policier.
Une fois arrivé dans le bureau exigu du capitaine, j'ai été invité à m'assoir face au bureau. Je me suis inévitablement dit qu'avant moi bien des postérieurs avaient du siéger sur ce fauteuil. Des verts et des pas mûrs. Des culs de délinquants, des fesses de drogués, des arrière-train de dealers, des croupes de trafiquants, des séants de pirates informatiques, et autres popotins de maris violents ! Une ribambelle de fessiers m'avaient précédés. J'ai presque été intimidé !
L'audition a duré une heure, avec face à moi un capitaine chaleureux. Il avait préparé le document Word en laissant des espaces pour les réponses que j'allais apporter, un dossier sur son bureau avec les documents qui lui servaient à m'interroger.
Il m'a d'abord écouté, tout le temps souriant, tout le temps en approfondissant pour m'aider à me souvenir.
Puis il s'est mis devant son PC portable, dernière version d'Office installée, et s'est mis à tapper, vite et bien, en tournant l'écran vers moi pour que je puisse lire en même temps. Il écrivait et retranscrivait en tournant les phrases d'une manière que j'ai trouvée admirable, avec un sens de la tournure et de la précision.
La déposition imprimée et signée, nous avons alors discuté. Et j'ai senti une vrai passion de son métier.
Nous avons à Amiens un commissariat avec des inspecteurs remarquables.
Je voulais que vous le sachiez.
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03 octobre 2009
La réderie d'automne demain à Amiens
Demain, dès l'aube…
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo, octobre 1847
Demain, dès l'aube, je n'irai pas voir Léopoldine, mais Jacques, Etienne, Marie, Paul, Nicolas, Sandra, François, et tous les autres.
Tous ces "rédeux" qui deux fois dans l'année se réunissent dans toutes les rues du centre ville pour vendre ce qu'ils ont hérité de tante Adèle ou de mamie Augustine.
C'est pour moi chaque année un moment de plaisir. Que je fais commencer à 4h00.
A l'heure où seuls les habitués et les hollandais munis de torches, de sacs à dos et de caddies arpentent les rues, grimpent aux culs des camions pas encore tout à fait vidés, serrent des mains pour valeur de contrat en murmurant un "je repasse le prendre".
Il y a les odeurs de croissant que les boulangers préparent. Il y a les effluves des premiers cafés qui réchauffent. Il y a les roues des vieux diables qui grincent. Il y la réderie des premières heures, comme il y aura la réderie des promeneurs plus tard dans la journée.
4h00, c'est la bonne heure, celle où les courageux achètent les pièces les plus intéressantes, dans les secrets de négociations à la "j'fais-comme-ci-ça-ne-m'interessait-pas-j'te-la-prends-pour-t'en-débarrasser".
Demain, dès l'aube, je partirai, je sais que tu m'attends.
15:55 Publié dans Evénement | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note






