06 octobre 2009

Un petit air de Maigret à Amiens

police-toulouse-bayard.JPG.jpegJ'ai été entendu hier par la police. Je n'ai ni volé, ni transgressé quelque loi, si ce n'est celle d'être parfois impertinent dans ce blog.

J'ai simplement été témoin d'une affaire assez importante en juin (sur laquelle je reviendrai quand elle sera jugée et que la réserve à laquelle je dois m'astreindre sera obsolète).

Un capitaine de police m'a appelé la semaine dernière et m'a demandé si je pouvais venir à l'hôtel de police pour une audition. J'ai accepté avec plaisir (et surtout curiosité) et le rendez-vous fut fixé à hier.

La dernière fois que j'étais allé au commissariat remonte à belle lurette après m'être fait voler mon vélo (paix a son âme). Je m'étais contenté de la salle des plaintes près de l'accueil et d'un bleu qui enchainait les plaintes et en avait visiblement raz le képi de la succession des plaignants dans le bureau des pleurs.

Hier, j'ai été reçu par le capitaine qui m'a proposé le le suivre au 2ème étage. Avant d'arriver à son bureau, je suis passé dans différents couloirs, et je me suis soudain retrouvé plongé dans un bon vieux Maigret. Les murs jaunis, les chaises années 60 posées ça et là, des piles et des piles de vieux dossiers enrubannés dans des classeurs en toile, des lumières blafardes, des armoires en fer gris, et un traducteur qui répetait en français ce qu'un maghrébin racontait à un policier.

Une fois arrivé dans le bureau exigu du capitaine, j'ai été invité à m'assoir face au bureau. Je me suis inévitablement dit qu'avant moi bien des postérieurs avaient du siéger sur ce fauteuil. Des verts et des pas mûrs. Des culs de délinquants, des fesses de drogués, des arrière-train de dealers, des croupes de trafiquants, des séants de pirates informatiques, et autres popotins de maris violents ! Une ribambelle de fessiers m'avaient précédés. J'ai presque été intimidé !

L'audition a duré une heure, avec face à moi un capitaine chaleureux. Il avait préparé le document Word en laissant des espaces pour les réponses que j'allais apporter, un dossier sur son bureau avec les documents qui lui servaient à m'interroger.

Il m'a d'abord écouté, tout le temps souriant, tout le temps en approfondissant pour m'aider à me souvenir.

Puis il s'est mis devant son PC portable, dernière version d'Office installée, et s'est mis à tapper, vite et bien, en tournant l'écran vers moi pour que je puisse lire en même temps. Il écrivait et retranscrivait en tournant les phrases d'une manière que j'ai trouvée admirable, avec un sens de la tournure et de la précision.

La déposition imprimée et signée, nous avons alors discuté. Et j'ai senti une vrai passion de son métier.

Nous avons à Amiens un commissariat avec des inspecteurs remarquables.

Je voulais que vous le sachiez.

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