30 septembre 2009

Martin Bleu Dieu !

photo.jpgIl est une rue derrière la maison de la Culture qui porte un nom bien étonnant. Rue Martin Bleu Dieu.

Imaginez un peu la peine que doivent avoir les résidants de cette rue lorsqu'eils doivent épeler leur adresse à une quelconque administration :

"Oui, Martin Bleu Dieu, en trois mots : Martin comme le prénom, Bleu comme la couleur, et Dieu.... bah comme Dieu quoi..."

J'ai mené récemment mon enquête pour connaître l'histoire de cette rue. Je tiens à prendre avant tout les pinces qui s'imposent car je ne suis sûr de rien, notamment pas de l'époque.

Disons donc qu'il y a quelques siècles, un dénommé Martin habitait le quartier de la Maison de la Culture (je fais un anachronisme, mais cela simplifie les choses). Ce Martin était un chique type, plutôt apprécié par ses voisins. Mais il avait un léger défaut, sinon deux. Il était porté sur la bibine et avait une descente que je ne remonterais pas à vélo. Le genre de bonhomme qui a rapidement du raisin dans le pouding comme dit un ami.

Quand le taux d'alcoolémie de ce brave Martin dépassait le seuil du raisonnable, il se mettait à brailler et à jurer à tout va dans les rues dudit quartier. Son juron favori était "Bon Dieu !" qu'il plaçait entre chaque phrase, remplaçant ainsi aisément le point et la virgule.

Il lui arrivait même, dit-on, de dédoubler le juron, le transformant en "Bon Dieu d'bon Dieu !"Martin était picard et c'est tant mieux, la redondance eut été un fade "con, con !" s'il était né Marseillais.

Un seigneur picard, croyant et pratiquant, avait entendu parler de ce Martin, ne pouvait accepter de tels blasphèmes. Il ordonna donc par décret que quiconque parjurerait serait jetté aux cachots.

Le brave Martin qui, s'il était porté sur la bouteille l'était moins sur l'emprisonnement, s'appliqua à retenir ses parjures, mais n'y parvint guerre longtemps.

Rusé qu'il était, il décida de remplacer le "Bon Dieu" par "Bleu Dieu" et parfois par "Sang Bleu".

Il jurait tout autant qu'avant, mais en d'autres termes qui lui évitèrent le cachot et le portèrent quelques siècles plus tard à la postérité.

29 septembre 2009

il y a 207 ans, la Paix d'Amiens

paix_amiens.jpgC'est le 25 mars 1802, dans notre bonne ville d'Amiens, que l'Angleterre et la France (et ses alliés espagnols et hollandais) signent un traité de paix, dit Paix d'Amiens qui met fin (provisoirement… les deux parties le savent lors de la signature) à la deuxième coalition européenne contre la France.

Cette Paix est considérée comme un triomphe par les Français las de la guerre, malgré une défaite récente en Egypte.

Ce traité de Paix consistait pour la France à céder à l'Angleterre des avantages coloniaux et à lui évacuer l'Egypte l'Egypte récemment perdue par le Général Menou . En échange, l'Angleterre rendait à la France le Sénégal, la Martinique et ses comptoirs des Indes.

Les Français ont vu en cet accord un retour en France de la paix qu'ils ne connaissaient plus depuis la chute de la royauté dix ans plus tôt. Mais les questions de fond (les conquêtes françaises sur le continent européen), celles qui fâchent, avaient volontairement été laissées de côtés par la France et l'Angleterre, laissant ainsi peser au dessus de cette Paix d'Amiens une épée de Damoclès qui tomberait dès la prochain heurt entre les deux protagonistes.

Une plaque commémore la Paix d'Amiens, savez-vous où elle se trouve ?

IMG_0078.JPG

Bonnes recherches

28 septembre 2009

Amiens-blog.com mis en avant par Proxinews.com

J'ai reçu un e-mail ce matin.
L'expéditeur est le site d'information régional picard Proxinews.com qui m'informe en ces termes :

"Monsieur,
J'ai le plaisir de vous informer que votre site a été choisi pour paraître en Tribune de Proxinews.com toute la semaine.
Une Tribune consiste à mettre en avant, dans un article qui reste en Une du site pendant une semaine une entreprise, une personne, une association...qui fait la richesse de la Picardie.
Trés cordialement"

Et voilà ce que cela donnait dès minuit, dans la colonne de droite :
Proxinews.com_-_Quotidien_d_information _régionale_en_ligne-20090928-000849.jpg

J'en suis très flatté, tout à fait honoré, et je remercie vivement la rédaction de Proxinews.com. Je souhaite la bienvenue aux nouveaux lecteurs qui vont rejoindre la centaine d'habitués quotidiens. Bonnes lectures à tous !

PS (ceci n'est pas un sigle politique) : Je tiens en cette occasion à vous faire partager une de mes fables favorites, qui permet en bien des circontstances -celle là en étant une-, de se repositionner dans sa propre vie quand la saison du melon pointe son nez :

Une grenouille vit un boeuf 
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur.
Disant : " Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout.
M'y voilà ?
Vous n'en approchez point " 
La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.


www.amiens-blog.com n'a pas d'autre ambition que de vous faire découvrir ce que je découvre moi-même chaque jour à Amiens. Je ne suis pas journaliste, juste une petite grenouille. Je ne souhaite pas devenir aussi gros qu'un boeuf, mais juste pour proposer des textes que j'espère de qualité et vous donner envie envie de venir me lire chaque jour.

27 septembre 2009

Des corvettes place René Gobelet, un paradoxe amiénois

corvettes.jpgQuel est le comble pour une équipe municipale socialiste anti-voiture ? Faire venir une 50ène de corvettes à 55.000€ en plein centre-ville.

Elles étaient alignées hier en rang d'oignons tout le long de la rue de Noyon, présentant ostenssiblement leurs formes généreuses aux badaux.

A titre personnel, j'ai trouvé l'idée interessante. En plus, les Amiénois avaient l'air heureux (jaloux ?) en déambulant à travers ces alignements.

Ce que je ne m'explique pas, c'est l'inintelligence politique de Demailly et consorts.

Pas évident d'exposer 55 X 55.000€ = 3,025,000€ d'un côté de la rue des Trois Cailloux, et de l'autre, sur une façade de la mairie : "Amiens solidaire des salariés de Goodyear".

L'autre paradoxe qui ne semble pas les effleurer réside dans leurs discours concernant la place de la voiture en centre-ville, où la doctrine est sempiternellement répétée : "nous voulons éloigner la voiture du centre ville".

Alors oui, l'événement est ponctuel, ne dure qu'un jour. Mais justement.

Les symboles sont en général des actions ponctuelles, des mots forts, des signes donnés.

C'est une nouvelle fois la cacophonie et la dispersion municipale qui reprennent le dessus.

26 septembre 2009

Looking for English food in Amiens ?

J'ai une application sur mon iPhone qui s'appelle "Around me" ("autour de moi" en anglais dans le texte). Quand je la lance, elle me demande de choisir parmi une liste, cafés, restaurants, pharmacies, pubs, médecins, poste, etc.

C'est un outil fort pratique.

La semaine dernière, je cherchais un "pub" pour passer une soirée, je lance Around Me qui commence la recherche et classe les résultats par proximité géographique du plus proche au plus éloignés en indiquant la distance à parcourir pour s'y rendre. Les dix premiers résultats étaient des pubs situés à Amiens, puis Lille et… Londres ! Fichtre !  Diantre ! Parsangbleu ! 224km.

Comme pour les poubelles, j'ai eu un flash. Je me suis dit que nous autres amiénois n'étions vraiment pas si loin de la Grande-Bretagne. Et que très peu d'entre nous pensons à y aller passer un week-end.

Je me suis demandé où trouver un peu d'Angleterre à Amiens à défaut de pouvoir aller à Douvres ce week-end. J'ai trouvé mon bonheur dans les Halles du Beffroi.

IMG_0252 - copie.JPG

La boutique s'appelle L'échoppe Anglaise, a ouvert il y a trois semaines, et, telle une madeleine de Proust, plonge quiconque y met les pieds dans ses souvenirs de mois de juillet en immersion dans une famille anglaise pour y apprendre et pratiquer la langue.

Des saveurs de Backed Beans, de marmelade et autres Colman's Mustard me sont immédiatement revenus à l'esprit.

IMG_0249 - copie.JPGIMG_0253 - copie.JPGC'est Hervé LAVILLE, 47 ans, amiénois de naissance, et parti quelques années à Paris travailler dans l'immobilier qui a eu cette idée. C'était il y a un an, en passant devant l'Epicerie Anglaise à République. "Je me suis ditEt pourquoi pas à Amiens ?"

Ni d'une ni deux, il prend contact avec J'entreprends en Somme, des "gens remarquables, notamment Stéphanie qui m'a accompagnée sur ce projet", réalise une étude marché, un business plan qu'il présente devant une commission d'Amiens Métropole. Le projet est retenu et une place lui est accordée dans les Halles.

Il loue un camion, traverse la Manche, dégotte un grossiste entre Douvres et Londres, revient chargé à bloc et dispose dans sa boutique de 30m2 les 550 références qu'il propose aujourd'hui. 

"J'ai à peine ouvert et j'ai déjà une clientèle fidèle qui revient, c'est génial !" me confie-t-il le sourire au lèvres.

"Pour tenir la boutique notamment quand je suis en Angleterre, j'ai embauché Jenni qui est anglaise. C'est comme au restaurant chinois, si je suis servi par un serveur français, je n'aime pas !"

L'Echoppe est ouverte tous les jours sauf le lundi et le dimanche après-midi.

Good Luck Hérvé !

25 septembre 2009

Safari dans le centre-ville d'Amiens

Sortez, veaux, vaches, cochons, couvées ! Des animaux en plein centre-ville d'Amiens ont animé l'artère pietonne ce vendredi après-midi.

Saisissant mon courage à deux mains, je me suis décidé à approcher une lionne encadrée par une éléphante, un panda et un pingouin caché derrière une girafe.

IMG_0233.JPG

Nous convînmes de communiquer en français pour des raisons de simplicité de compréhension, mes notions de feulement étant encore très rudimentaires, sans parler de mes cours de barrissement abandonnés en licence.

Les quatre charmantes m'ont expliquées qu'elle étaient (futures) pharmaciennes et qu'elles préparaient leur départ le soir même en week-end d'intégration à Quend-Plage-les-bains.

Je me suis alors fait la réflexion que les bizutages avaient progressé dans le bon sens depuis une décennie. Finis les cirages de ***bipppp****, les mises-à-l'air et autres épilations forcées totale à la crème dépilatoire.

Mais en y réfléchissant de plus près, je me suis mis à soupçonner les étudiants de 3ème année, organisateurs, d'avoir fait déguiser leurs comparses bizuths en animaux pour une application de la double peine : une fois la récolte des x fois 2€ que leur auront rapportés la vente de leurs autocollants, les nouveaux-futurs-pharmaciens seront parqués dans des bétaillères pour les emmener jusqu'à Quend. Ils seront alors exposés, de par la promiscuité, à des risques de contagion de grippe A (ou porcine, ça marche bien dans le cas présent) associés pour les animaux survivants, comme me l'a révélé une source sûre, à un safari dans les rues de Quend.

Il n'en restera plus Quend qu'un  !

Toujours est-il que j'ai trouvé l'idée bon enfant, cela a animé la rue des Trois Cailloux pendant une bonne heure, et le contribuable picard ne recevra pas d'addition.

Amusez-vous bien !

IMG_0242.JPG IMG_0237.JPG IMG_0244.JPG

24 septembre 2009

Les poubelles se refont une jeunesse

La poubelle pourrait être l'élément le plus insignifiant de notre quotidien urbain. Serais-je le seul à m'être un jour (tout à l'heure) arrêté tel un labrador ayant reniflé la proie à la vue d'une poubelle de ville, que je n'en serais pas étonné.

J'étais à vélo, comme bien souvent à Amiens quand je me déplace, arrêté à un feu rouge - je fais partie de ces rares cyclistes à respecter la signalisation - et mon regard s'est fixé sans que je ne puisse vous expliquer pourquoi sur une poubelle gris clair.

Je crois que j'ai eu un coup de foudre.

Ce fut rapide, furtif, mais intense. Une vraie illumination.

Le feu revenu au vert, je ne pouvais pas continuer ma route, l'air de rien, comme si rien ne s'était passé. La laisser plantée là. C'eut été lui faire affront.

Je me suis timidement approché, ni vu ni connu, j'ai dégainé mon téléphone et j'ai immortalisé le moment.

 

photo_2.jpg

Je crois après coup que ce qui a retenu mon attention, c'est en réalité que mon regard était habitué aux anciennes poubelles, vertes et plates comme des limandes, affublées du famuex slogan "Ma ville, je la l'aime propre" (vous noterez la recherche créative dans le slogan...). Ces poubelles étaient si peu pratiques qu'une fois sur deux, l'objet destiné à y être jeté se retrouvait au sol à côté. Les mains les plus fines avaient elles-même des difficultés à trouver l'orifice.

Pour mémoire, j'ai réussi à trouver une rescapée place Léon Gontier :

 

photo 4.jpg

Il m'est rare de reconnaitre des actions positives (actions tout court d'ailleurs) au crédit de la nouvelle (pas si nouvelle que cela d'ailleurs) équipe municipale. Pourtant, je sais reconnaitre quand les choses vont dans le bon sens, et là, messieurs les élus, vous m'avez convaincu.

"L'ambition est le dernier refuge de l'échec", Oscar Wilde

 

23 septembre 2009

La librairie Martelle, une institution amiénoise

martelle1.jpgQuand je suis arrivé à Amiens il y a 10 ans, je sortais de la gare et avais rendez-vous devant la Poste centrale.

Steve Jobs n'avait pas encore eu la bonne idée du iPhone et celui que j'avais à l'époque n'avais ni GPS, ni boussole. Je maitrisais alors très peu le picard et me décidai quand même à aborder le premier autochtone venu pour lui demander la direction de la dite Poste. Je dépassai mes préjugés et, ne voyant qu'un homme sale et visiblement bien éméché à ma portée, je m'avançai vers lui. C'était un dimanche soir et il était 23 heures passées.

- Bonsoir, je dois aller vers la Poste centrale, vous pouvez m'indiquer le chemin s'il vous plait ?

- Bah c'est facile mon tchiot, tu vas tout droit jusqu'à l'place Gambetta, tu tournes à droite, tu passes devant Martelle et tu s'ras rendu.

- Martelle ?

- Bah oui, l'magasin d'livres... me répondit-il d'un air interrogateur, comme si quelqu'un qui ne connaissait pas Martelle était soit un barbare, soit quelqu'un qui se moquait de lui.

- Très bien, je vous remercie. Bonne fin de soirée.

martelle 2.jpgJe compris quelques jours plus tard que demander à un Amiénois ce qu'est Martelle, cela aurait un peu été comme demander à un Marseillais qui est la Bonne Mère ou à un Russe ce qu'est l'Hermitage.

Martelle est en effet une librairie qu'au moins trois générations d'Amiénois connaissent puisque la librairie a été ouverte en 1957. Jusqu'à l'arrivée de la FNAC il y a cinq ans, elle avait quasiment le monopole en matière de livres dans la capitale picarde. Bien des personnes avaient parié sur le déclin de la librairie avec l'arrivée de l'agitateur de curiosité, mais il n'en fut rien. Martelle entreprit alors des travaux de rajeunissement pour offrir un nouvel écrin à ses livres sur ses 2000m2 répartis sur deux niveaux.

Je dois avouer que l'ambiance créée me plait beaucoup.

Mais outre cet aspect purement marketing et décoratif, Martelle propose une sélection incroyable d'ouvrages. Plus de 80.000 en permanence disponible. Un nombre impressionnant. Un ami universitaire qui vient parfois donner des cours à Amiens est à chaque fois impressionné par la qualité de l'offre proposée.

En plus de cette qualité proposée, la librairie propose depuis plusieurs années déjà des rencontres avec des écrivains de renom qui viennent présenter et dédicacer leurs livres. Le prochain invité sera Erick Orsenna, académicien bien célebre, pour "Et si on dansait ?"

Un pan moins connu de la librairie est sa maison d'édition. Martelle publie (et ne vend pas que dans sa librairie) chaque année un nombre relativement conséquent d'ouvrages sur la Picardie, sur Amiens, sur la cathédrale, etc, etc.

Il est à mon sens incontestable que Martelle joue un rôe important dans la vie culturelle amiénoise.

Et elle le fait bien.

22 septembre 2009

Retour des bus en centre-ville d'Amiens, réponse le 22 octobre 2009

IMG_0204.JPGL'Association Pour l'Anneau Vert (APAV) avait prévenu, elle serait présente ce soir à Amiens pour se faire entendre lors de la réunion de clôture de la semaine sur la mobilité animée par Thierry Bonté, 2ème Vice Président d'Amiens Métropole, le maire n'ayant pas jugé utile d'être présent.

La centaine de manifestants s'était donnée rendez-vous place Gambetta puis s'est dirigée vers le barnum dressé place de l'hôtel de ville.

C'est là que les discussions houleuses ont vraiment eu lieu. Le Président de l'APAV, Valéry LECLAIRE, a pu exposer le mécontentement des riverains et des commerçants concernés.

Un rapport émanant de la société TRANSITEC aurait même été transmis à la mairie en juin 2009 et a été ressorti du placard par un commerçant, démontrant ainsi que la décision politique de créer un double sens pour les bus et des supprimer de ce fait 61 places de stationnement sur les rues des Jacobins, Duméril et de Beauvais a déjà été prise et que les conversations et tractations actuelles ne sont que du vent, puisque la municapalité auraité déjà fait son choix depuis bien longtemps...

IMG_0214.JPGLa mairie répond que non, que rien n'est décidé, même si elle dit que sa préférence va effectivement vers ce projet, qui, rappelons-le, créé aussi un véritable barrage pour les voitures au niveau du bas de la rue de la République. Une vraie cassure dans l'actuel Anneau Vert qui disparaitrait donc et contrainderait les voitures à contourner le centre-ville.

Thierry Bonté a précisé sans aucun scrupule, et sous les sifflets des nombreux participants, que "Amiens a 20 ans de retard par rapport aux autres villes de taille comparable", ajoutant de plus belle que oui, le but de l'équipe municipale est de repousser les voitures le plus loin possible du centre ville.

IMG_0221.JPGBrigitte Fouré, discrètement présente dans l'assistance, est sortie de sa réserve après une bonne heure de discussions pour exprimer avec fermeté son souhait que ce projet soit mis à l'ordre du jour du prochain conseil municipal, et avant la date du 22 octobre retenue pour être celle du vote du projet qui sera adopté.

L'APAV a promis de durcir le ton et de monter en puissance pour empêcher que ce projet d'autoroute à bus et de suppression de places de stationnements soit voté.

 

 

Du rififi dans les transports amiénois


HS.jpg"Plus tard, tu seras chauffeur de bus mon fils !"

S'il y a bien une ville où vous ne risquez pas d'entendre un père édicter ce souhait à sa progéniture, c'est bien à Amiens.

Les transports en commun à Amiens sont à mon sens ce qui se fait de pire en France. Et je sais de quoi je parle, j'ai eu la chance d'effectuer un stage de longue durée chez le leader européen du transport de voyageurs dans ma tendre jeunesse estudiantine.

Un vrai cas pratique. Un exemple de ce qui ne faut pas faire. Le paroxysme de l'inefficience (je n'ai volontairement pas écrit inefficacité).

Pour situer la chose, les bus à Amiens, bien que neufs pour certains, sont sales, très rarement à l'heure, souvent "pas en service" (ce n'est pas moi qui le dit, la preuve par l'image)  et cerise sur le gâteau, changent d'itinéraire plus souvent que les coefficients de marée. Ajoutez à cela des quais qui changent de lieu, des sens de circulation qui varient selon l'humeur d'on ne sait qui, des bus simples remplacés par des bus doubles, puis rempalcés par des bus simples. Des minibus gratuits en hyper-centre qui menacent de redevenir payants, des personnes âgées qui ne savent plus où donner de la tête (et du déambulateur), et le lobby des taxis qui se frotte les mains.

Les amiénois avaient fait payer cher à Gilles de Robien la suppression du passage des bus dans l'hyper centre. Il avait du endosser le rôle d'un bourgeois de Calais et rendre les clés de la mairie. Notre ancien maire avait décidé quelques semaines avant les élections municipales de les faire circuler qu'autour de cet hypercentre, et de créer des "points de rupture", obligeant les voyageurs à descendre de leurs bus pour emprunter ensuite des navettes électriques gratuites, ou leurs pieds, pour circuler dans le centre piétonnier.

Pour se faire élire (et ça a marché...), Gilles Demailly avait dit qu'il remettrait les bus en centre ville. Il lui aura fallu plus d'un an pour remettre ce projet sur la table.

Seulement, Demailly n'a pas cru bon de consulter la population et les commerçants du centre-ville et aurait décidé non seulement de refaire passer les bus en centre ville, mais de doubler leur sens de circulation sur certains axes, créant ainsi, selon ses opposants des "autoroutes à bus", et supprimant par la même des places de stationnement rue des Jacobins.

La mairie présente 4 projets qui n'en sont en fait que 2 dont un qui ressemble à ceci (vous noterez l'exclusions totales des voitures sur certains axes):

1018023809.jpg

Et voici la réaction immédiate des commerçants du centre-ville :

 

bus.jpg

Une manifestation à Amiens ! Pour une fois que ce ne sont pas les collégiens prépubères en mal d'émotions fortes et de séchages de cours leur permettant de se promener en ville le chichon au bec et le sac en peau de lama du tibet (libre) autour du cou pas rasé.

Quand on chatouille l'Amiénois avec les changements concernant les bus, c'est comme si vous agitiez un gros steak devant une cage aux lions ...sans barreaux.

Ce qui a permis à Demailly de récupérer les clés de la mairie alors qu'il ne les réclamait pas vraiment aux dernières municipales va peut-être se retourner contre lui.

Je rappelle que le maire actuel, élu il y a plus d'un an, déclarait dans la presse quotidienne régionale il y a quelques jours : "le temps de l'action est arrivé".

Il était temps.

Ou pas.

 

Plus d'infos sur http://non-a-l-autoroute-a-bus.jimdo.com

 

 

Toutes les notes